INRA
Jeudi 20 août 2009Une base de données sur les polyphénols en ligne
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Une base de données sur les polyphénols en ligne
Création d’un consortium national de coopération scientifique
Un consortium national pour l’agriculture, l’alimentation, la santé animale et l’environnement, vient d’être créé par deux organismes de recherche, le CIRAD et l’INRA, et quatre établissements d’enseignement supérieur : Montpellier SupAgro, l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, AgroCampus Ouest et AgroParisTech.
Ce consortium s’appuiera sur la création d’un établissement public de coopération scientifique (EPCS). Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche et Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, rappellent que ce consortium répond à la volonté du gouvernement d’impulser un regroupement des forces pour renforcer la coordination des stratégies de recherche et de formation dans le domaine agronomique. Il s’inscrit en outre dans la lignée des réformes engagées, notamment en sciences de la vie.
Les ministres soulignent que cette démarche permettra une meilleure coordination de l’effort national de recherche et souhaitent que le consortium apporte une contribution décisive à la production et la transmission des connaissances nécessaires pour construire de nouveaux modèles d’agriculture, d’alimentation et de gestion durable des ressources et des territoires.
L’INRA propose un nouveau modèle pour l’oïdium
Vigne-oïdium c’est le nouveau modèle hôte-pathogène développé par l’INRA pour la compréhension et l’exploitation du rôle de la plante dans le fonctionnement des épidémies. Afin de réduire le développement épidémique des maladies aériennes des plantes, il s’avère nécessaire de trouver de nouveaux leviers à actionner. Une possibilité encore peu exploitée est d’intervenir non pas directement sur l’agent pathogène, mais via les caractéristiques des plantes et des couverts hôtes permettant de limiter la dispersion et la multiplication des parasites, voire d’échapper à l’infection par désynchronisation entre la sensibilité de la plante et le développement de l’agent pathogène. Les outils de modélisation apportent alors une aide précieuse pour l’exploration de ces interactions dynamiques complexes.
L’unité mixte de recherche Santé Végétale du centre Inra de Bordeaux a développé un modèle de simulation prenant explicitement en compte la dynamique de développement 3D d’un hôte, la vigne, et la dispersion d’un agent pathogène, l’oïdium. Ce modèle offre ainsi la possibilité d’étudier le rôle de la croissance de la plante et de toute modification du couvert (quantitative et qualitative) sur l’extension de l’épidémie. Le modèle permet ainsi de simuler des dynamiques spatio-temporelles d’épidémies à partir de différents scénarii climatiques, de croissance et conduites du cep de vigne.
Les premières analyses de sensibilité montrent l’importance, pour l’invasion et la gravité des épidémies, de la synchronisation entre le développement de la vigne et celui de l’oïdium. Les résultats sont cependant modulés en fonction des scénarii climatiques au travers de modifications de débourrement, de vitesses de développement des rameaux et d’agressivité de l’agent pathogène.
Des analyses de sensibilité des facteurs de développement de la plante sur les épidémies seront poursuivies au sein de l’ANR Systerra « ArchiDemio », et le modèle sera également alimenté par des études au vignoble d’impact de la vigueur et de la conduite de la vigne sur le développement de l’oïdium. Des modèles mathématiques sont également développés en collaboration avec l’Institut mathématique de Bordeaux pour étudier, à l’échelle du bassin versant, l’impact d’hétérogénéités spatiales de développement de la plante sur celui des épidémies « Projet ARC INRIA M2A3PC ».
A terme, ces modèles permettront de tester des stratégies de contrôle de la maladie basées sur la conduite de la plante, qui soient plus respectueuses de l’environnement.
Bilan des expérimentations 2008 pour la protection du vignoble
La Chambre d’agriculture de la Gironde développe depuis plusieurs années de nombreuses expérimentations phytosanitaires dont l’un des objectifs est de réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
En 2008, plusieurs essais ont été réalisés par le Service vigne et vin en collaboration avec l’IFV, l’INRA de Bordeaux et les viticulteurs. Avec la montée en puissance du concept de développement durable, du respect de l’environnement et de la santé des professionnels comme des consommateurs, la filière agricole considère et intègre de plus en plus ces enjeux dans leur mode de travail. L’activité viticole qui connaît depuis longtemps l’utilisation des produits phytosanitaires s’implique activement dans la réduction des intrants pour répondre à la notion de développement durable.
Ainsi, de nouvelles techniques de lutte contre les maladies et les ravageurs de la vigne sont aujourd’hui envisageables et font l’objet d’expérimentations qui ont été menées selon deux orientations : réduire les doses de produits phytopharmaceutiques en utilisant des outils d’aide à la décision de traitement, réduire les doses de produits en utilisant des produits alternatifs comme les stimulateurs des défenses naturelles de la plante (SDN).
Lire le compte-rendu des expérimentations 2008 par Ludivine Davidou sur www.matevi-france.com
Maintenir le patrimoine du vignoble
Si la profession dispose de cépages adaptés au fil du temps, c’est que le travail de sélection accompli depuis des siècles a porté ses fruits. Conserver la diversité génétique est un vrai signal adressé aux générations futures.
Face aux défis de la compétition mondiale et du développement durable, l’IFV et l’INRA se mobilisent pour répondre aux nouveaux enjeux de la sélection de vignes. Créer du matériel végétal résistant aux maladies, adapté au climat et à la demande des consommateurs, les projets ne manquent pas. Dans ce but, la gestion, la caractérisation et la valorisation des ressources génétiques est un véritable atout.
Fin 2008, des analyses génétiques par marqueurs moléculaires ont montré que le Merlot est un descendant du Cabernet franc (père) et de la Magdeleine Noire des Charentes (mère). Ce cépage, jusqu’à présent inconnu et non répertorié, a été trouvé il y quelques années en Bretagne, au nord de Rennes, et plus récemment, en 4 sites des Charentes, lors de prospections menées pour la conservation des vieux cépages locaux.
Ces analyses ont permis de découvrir également les parents de la Carmenère (Gros Cabernet x Cabernet franc), du Merlot blanc (Merlot x Folle Blanche), du Cot (Magdeleine Noire des Charentes x Prunelard) et du Mourtès (Magdeleine Noire des Charentes x Penouille).
La découverte du rôle génétique joué par ce cépage jusqu’alors inconnu, montre en tous cas l’importance des prospections au vignoble, du maintien du patrimoine viticole et de l’étude des empreintes génétiques à grande échelle.
Demande de partenaires pour lutter contre l’Eudémis
Les laboratoires « Santé végétale » et « Biologie du fruit » de l’Inra de Bordeaux sont à la recherche d’un partenaire industriel du domaine de l’agrochimie et/ou des biotechnologies pour lutter contre Eudémis avec des molécules naturelles végétales. La collaboration proposée vise à initier une nouvelle stratégie de contrôle de ce papillon, basée sur la gestion du comportement de ponte des femelles, à l’aide de substances naturelles.
La stratégie répond au concept global de ‘Push-pull’ qui consiste à détourner les ravageurs de la plante à protéger. Elle s’inscrit parmi les méthodes régulatrices de comportement des ravageurs, au même titre que la confusion sexuelle, déjà utilisée au vignoble, pour inhiber les accouplements. Le principe est à la fois de rendre les grappes répulsives et de concentrer la ponte ailleurs, grâce à une plante sauvage très stimulante pour cela, et déjà connue des chercheurs. Encore faut-il en isoler les médiateurs chimiques actifs et les appliquer sur des leurres de pontes (grappes artificielles) qui concentreront les oeufs de papillons, et donc les chenilles, pour protéger les vraies grappes.
Ce projet s’inscrit dans une démarche de réduction des intrants phytosanitaires en viticulture, prônée par le Grenelle de l’environnement. Actuellement les deux grands enjeux entomologiques en protection de la vigne Française et Européenne sont l’Eudémis (papillon de la famille des tordeuses) pour les dégâts importants qu’il cause aux grappes et la cicadelle vectrice de la flavescence dorée. Contacts scientifiques : Denis Thiéry (thiery@bordeaux.inra.fr) pour l’UMR «Santé Végétale» et Dominique Rolin (Dominique.Rolin@bordeaux.inra.fr) à l’UMR «Biologie du Fruit» basées à INRA de Villenave d’Ornon (33)
Demande de partenaires contre les maladies du bois de la vigne
La collaboration envisagée porte sur le développement d’une stratégie de lutte biologique contre les maladies du bois de la vigne. Il s’agit d’utiliser des micro-organismes racinaires, capables de stimuler le système de défense naturelle de la vigne et ainsi d’engendrer des mécanismes de protection vis-à-vis des bio-agresseurs du bois de la vigne (élicitation). Une attention particulière sera apportée aux micro-organismes colonisant les plants sains, ces derniers pouvant être des hôtes « réservoirs » d’agents antagonistes adaptés à la vigne des régions françaises.
La démarche compte exploiter les propriétés antifongiques et stimulatrices de défenses des plantes de certaines souches d’un champignon oomycéte fréquemment isolé de ceps de vigne. Contact scientifique Patrice Rey (prey@bordeaux.inra.fr ou 05 57 12 26 36).
Un site pour l’UMR BiO3P
L’INRA propose une méthode pour caractériser les terroirs