L’IFV lance un appel à projets pour une solution efficace
« Aujourd’hui, sur les maladies du bois qui progressent dans le vignoble, nous n’avons pas de moyen de lutte, chimique ou autre » explique Thierry Coulon, directeur technique de l’Institut Français de la vigne et du vin pour la partie vignoble, vigne et terroir. Il y a bien des mesures de prophylaxie à mettre en œuvre, mais rien d’efficace réellement dans la situation actuelle.
Dans le cadre de financements Casdar, la DGER, en lien avec l’IFV, a pu individualiser une somme de 1,5 million d’euros qui est utilisée pour un appel à projet spécifique aux maladies du bois auprès des équipes de recherche. Dans cet appel lancé depuis Vinitech, il s’agit à la fois d’améliorer les connaissances sur les causes de la maladie, les bioagresseurs et les pathogènes, mais aussi de mieux cerner les facteurs qui interviennent dans l’expression des symptômes. C’est une priorité, car aujourd’hui quand on arrache une parcelle ou que l’on fait des contrôles sur un échantillon représentatif, quasiment tous les ceps sont contaminés. Mais ils n’expriment pas tous la maladie. Il y a une grande variété aussi dans l’expression. Certains n’expriment rien. D’autres le font mais ni au même moment, ni avec la même intensité. Il y a des variations entre parcelles qui ont pu être observées aussi. En fait, il doit y avoir des facteurs qui favorisent cette expression, des composantes agronomiques, environnementales, ou liées à la conduite qui, sans doute, interviennent.
Il y a certainement aussi des mécanismes physiologiques qui entrent en jeu. Il s’agit de mieux les expliquer, et chercher les techniques de conduite du vignoble pouvant limiter l’expression des symptômes. Si la vigne n’exprime pas la maladie, il n’y a pas de désorganisation de l’activité des cellules. Les souches continuent à produire. « Si on arrive déjà à cela, ce sera bien, car l’éradication pure et simple des pathogènes impliqués sera difficile à obtenir » estime Th. Coulon.
Dans l’appel à projets, il y a aussi un volet qui concerne le travail en pépinière et l’obtention, de manière certaine, de plants non contaminés en sortie de pépinière. Après plantation, le cep pourra être touché, mais il faut qu’au moins le vigneron ait la garantie, à l’achat, d’un plant sain. Dans cet appel, il y a aussi des demandes qui concernent plus spécifiquement le travail de recherche, comme la constitution de base de données pour bénéficier de toute une panoplie d’informations pouvant être utilisées par les équipes de chercheurs afin de déboucher sur des résultats concrets.
JB